Oubliée pendant deux siecles, 1'oeuvre de Saint-George revit et c'est justice car sa musique, empreinte de delicatesse, de sensibilité mais aussi souvent de virtuosité, constitue 1'une des plus séduisantes productions de cette école française du Siècle des Lumières à laquelle s'est nourrie l'Europe entière.
"Voltaire de la musique", pour l'abbé Grégoire, "Watteau de la musique" selon La Laurencie, Saint-George aura été beaucoup plus adulé à Paris et dans une certaine mesure à Londres- que Mozart.
Adulé de son vivant, 1'homme apparaît aujourd'hui comme 1'un des grands naufrages de 1'histoire. Son oeuvre a, il est vrai, fait 1'objet, post mortem, d'une véritable persécution. Dès Ie rétablissement de l'esclavage par Napoléon, en mars 1802, il était, hors de question d'admettre qu'un Nègre avait pu briller dans des arts réservés aux Blancs.
Après deux siecles d'apartheid culturel, la musique de Saint-George revit et nous permet aussi de
découvrir un personnage hors du commun.
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